samedi 16 novembre 2013

Avoir encore vingt ans

Je me trouve souvent privilégiée d'être témoin de scènes mémorables et touchantes dans le cadre de mon travail.

La semaine dernière lors d'un cours de musicothérapie, l'enseignante jouait au piano une vieille chanson de Tino Rossi:  ''J'avais vingt ans''.  Tous les résidents sont assis et chantent les yeux fermés, plongés dans leurs souvenirs de jeunesse.  (Dans la vidéo suivante, il s'agit de la version de Fernand Gignac.)


À la fin de la chanson, l'enseignante répète les  paroles:  ''Que je voudrais avoir encore vingt ans...  Aimeriez-vous retourner à vos vingt ans vous?''  Et une dame de lui répondre instantanément, les yeux tout plein d'émotions:  ''Oh oui!''.

Sentant que l'enseignante se dirigeait vers une autre chanson et qu'un beau moment d'échange serait alors perdu à jamais, je me suis permis de questionner la dame: ''Referiez-vous exactement les mêmes choses si vous aviez vingt ans aujourd'hui?''  Toujours avec beaucoup d'émotions dans la voix, elle me répond:  ''Oui, je referais les mêmes choses mais différemment, parce qu'aujourd'hui, je sais ce qu'il pourrait arriver.''

Elle nous raconte ensuite qu'il y avait un jeune homme qui l'aimait secrètement à vingt ans.  Elle l'a malheureusement appris trop tard, alors qu'elle était mariée à un autre et que ça l'avait beaucoup attristée car elle aussi avait des sentiments pour lui à l'époque.

Elle enchaîne en nous rassurant:  ''Mais je ne regrette rien du tout car j'ai eu un très bon mari, de beaux enfants en santé et une belle vie.''  Quel beau moment!  J'en avais des frissons.  Comme quoi, on ne sait jamais ce que la vie nous réserve!

Personnellement, je n'ai pas encore quatre-vingt ans, mais pour le moment, je ne retournerais pas à vingt ans.  J'aime ma vie telle qu'elle est en ce moment.   Après tout, c'est avec nos expériences, nos erreurs et nos réussites que l'on apprend et que l'on chemine.

Bref, ce bel instant m'aura fait réfléchir!  Et vous, aimeriez-vous avoir encore vingt ans?

lundi 11 novembre 2013

La semaine du loisir en institution

Comme le titre l'indique, c'est la semaine du loisir en institution qui débute aujourd'hui!

Mais à quoi ça sert une semaine pareille me demanderez-vous?  Et bien, la mission de cette semaine, initiée par la Fédération Québécoise du Loisir en Institution, est de faire la promotion du loisir et d'affirmer que le loisir est un droit pour les personnes hébergées en milieu public et privé.  La plupart des CHSLD et des résidences privées membres de la FQLI participent à cet événement.

Il s'agit d'une semaine privilégiée, pour les intervenants en loisirs, pour faire reconnaître l'importance de notre travail auprès des résidents mais également auprès des autres employés en les impliquant dans les différentes activités organisées en lien avec la thématique.

Le thème cette année est ''Le loisir, un état d'esprit''.  On peut interpréter ce thème de bien des façons.  Pour moi, le sens de ce thème, c'est que le loisir nous permet de nous évader, d'oublier nos malheurs et notre réalité quotidienne pour nous permettre de profiter d'un instant de bonheur.

Des activités spéciales sont au programme chez nous cette semaine dont un repas communautaire et un spectacle.  Mais nous misons également sur la promotion de petits gestes aussi banals que le sourire et le positivisme, qui ont une importance capitale dans la vie de nos résidents.

Pour en apprendre plus sur cette semaine spéciale, je vous invite à consulter le site web de la Fédération du Loisir en Institution:

Bonne semaine du loisir à tous!



vendredi 1 novembre 2013

Défendre notre place

Avez-vous remarqué le changement du titre et de l'adresse de mon blogue?

C'est qu'il y a deux semaines déjà que je sais que c'est ma collègue qui a obtenu le poste.  Ça fait aussi deux semaines que j'attendais la réponse que j'ai eu lundi dernier!  C'est moi qui obtient son remplacement de quatre jours semaine!  Je suis vraiment contente!  C'est un remplacement d'une durée indéterminé mais qui risque de durer très longtemps.  J'aurai attendu la réponse longtemps parce qu'il y avait une personne avant moi à qui on devait l'offrir sur la liste de rappel puis ensuite, la fille de la liste de rappel a été malade.  Comme je ne suis pas la personne la plus patiente du monde, je peux vous assurer que j'ai trouvé les deux dernières semaines très longues!

Il y a cependant un phénomène qui me préoccupe énormément...  Les coupures en loisirs en CHSLD.  Je sais, nous ne sommes pas un service essentiel et des coupures, il y en a dans tous les secteurs.  Juste au centre où  je suis en ce moment, nous sommes passé de deux postes de cinq jours semaine à un poste de quatre jours et un de trois jours!

Comme vous savez, on m'a réembauchée sur la liste de rappel du CSSS où je travaillais avant.  Je ne suis disponible qu'une journée par semaine mais je suis la seule sur la liste de rappel.  La situation est inquiétante car si un technicien en loisirs s'absente une journée où je ne suis pas libre, l'employeur le remplace soit par une animatrice (donc une personne qui n'est pas diplômée) ou encore par une auxiliaire familiale ou un préposé aux bénéficiaires...

Aimeriez-vous vous rendre un matin à l'hôpital et qu'un concierge fasse votre prise de sang?  D'accord, la comparaison est exagérée, mais le principe reste le même.  Tout comme l'infirmière, le technicien en loisirs étudie trois ans au cégep pour avoir le droit de pratiquer ce métier!

Le problème, c'est que nous ne sommes jamais beaucoup dans les CSSS.  Il y a un, parfois deux techniciens en loisirs par CHSLD.  Donc dans un CSSS moyen, nous sommes environ cinq ou six TIL.  C'est peut-être pourquoi les syndicats ne nous accorde pas toujours beaucoup d'importance, même si nous payons la même cotisation que les autres membres.  Parfois, nos représentants n'ont même pas la moindre idée nos tâches, c'est peu dire!

Au CSSS dont je vous parle, une TIL a été absente pendant plus d'un an sans être remplacée!  Que croyez-vous qu'il est arrivé avec ce poste?  Il a été abolit bien entendu!  Et quand cette personne est revenue au travail, il s'en est suivi une série de supplantation (plus communément appelé ''bumpage'').

Je n'ai malheureusement pas de solution miracle à ce problème...  Si non, de se tenir et de défendre ensemble nos emplois entre techniciens en loisirs.  Déjà que les emplois dans la fonction publique se font rare, il faut s'organiser pour éviter les coupures par manque de personnel!  J'encourage d'ailleurs tous les techniciens en loisirs qui liront ce billet de ne pas hésiter à faire parvenir leur curriculum vitae dans les CSSS même s'ils n'affichent pas d'offre d'emploi.  Les listes de rappels sont vides partout et l'employeur sert souvent cette excuse au syndicat lorsque nous ne sommes pas remplacés...

Si non, il y a cette merveilleuse initiative de la Journée Nationale des Techniciens en Loisirs qui se tiendra le 15 avril prochain et qui servira, je le souhaite de tout mon coeur, à faire connaître notre belle profession à la population.
www.jntil.com

D'ici là, si vous connaissez des techniciens en loisirs, dites-leur que leur travail est apprécié et important!

dimanche 6 octobre 2013

Acceptable ou immoral?

Laissez-moi vous raconter une histoire:

Monsieur et Madame D'amour sont mariés depuis maintenant 55 ans.  Ils ont cinq enfants, treize petits-enfants et depuis peu, un arrière-petit-fils.  La vie n'a pas toujours été facile pour eux, ils ont eu leurs hauts et leurs bas, mais comme ils se sont toujours aimé très fort, ils sont toujours passé aux travers des crises.

Depuis environ une dizaines d'années, la santé de Madame D'amour a été très affectée.  Au début, c'était de petits oublis rigolos, ranger le lait dans l'armoire, mettre ses clés dans le pot à biscuits.  On pouvait facilement attribuer ces actes à de la distraction.  Après tout, depuis sa retraite, elle n'arrêtait pas un instant!  Garder les petits-enfants, faire du bénévolat auprès des plus démunis, voyager avec son mari, participer aux réunions du club de tricot du centre communautaire...

Puis les petits oublis sont devenus de gros oublis.  Oublier de fermer le four et partir pour la journée, oublier le chemin pour revenir à la maison, et de plus en plus souvent, oublier l'heure de la journée...  Les nuits sont vites devenus des cauchemars pour Monsieur D'amour qui se réveillait toujours en même temps que sa femme pour éviter qu'elle ne se blesse ou sorte pieds nus dans la rue en plein mois de janvier.  Après deux ans de ce régime, les enfants et lui se sont réunis et en sont venus à la difficile et triste conclusion de placer Madame D'amour en CHSLD pour sa sécurité et pour la santé de leur père.

C'est donc ce qui a amené Madame ici, il y a un peu plus d'un an maintenant.  Son mari, qui l'aime toujours vient la visiter immanquablement tous les jours sans exception depuis qu'elle habite ici.  Il l'accompagne parfois aux activités, lui amène des gâteries, s'assure qu'elle ait tout ce dont elle a besoin et qu'elle soit bien traitée.  Monsieur D'amour vient donc voir sa femme au minimum deux heures tous les jours depuis plus d'un an, seulement Madame D'amour elle, ne le reconnaît plus...

Madame D'amour régresse tandis que l'Alzheimer lui, progresse.  Les périodes de lucidité sont passées de très peu fréquentes à son arrivée à inexistantes aujourd'hui, au grand désespoir de son mari et de sa famille.  Madame D'amour sait qu'elle est mariée cependant, c'est le beau jeune homme dans la vingtaine qu'elle a épousé qu'elle attend près de sa fenêtre tous les jours.  Elle ne reconnait pas son homme dans les traits du vieillard qui vient la voir tous les après-midis.

Monsieur D'amour, étant un homme de son époque, a de la difficulté à vivre seul malgré toute l'aide qu'il reçoit de ses enfants et de ses petits-enfants.  La solitude lui pèse quand tout le monde repart après un souper familial ou qu'il rentre chez lui après une visite à sa femme.  Il y a quelques mois, il a rencontré une charmante veuve récemment emménagée dans son immeuble.  Elle est d'agréable compagnie, ils font des sorties ensemble, s'appellent et se visitent régulièrement.

La femme du voisin de chambre de Madame D'amour les a vus marcher main dans la main hier soir sur la rue.  Elle était tellement choquée du comportement de Monsieur D'amour qu'elle en a parlé à tout le monde au Centre ce matin en arrivant; le personnel, les résidents de l'étage, les bénévoles et même aux autres visiteurs!  Heureusement que Madame D'amour n'est pas en mesure de comprendre que tout le monde ne parle que de son mari depuis ce matin!

Il s'agit d'un cas réel, d'une situation dont j'ai été témoin plus d'une fois.  Les rôles de la femme et du mari peuvent très bien être inversés.  Monsieur D'amour a marié sa belle pour le meilleur et pour le pire.  Le pire étant arrivé, il continue de lui être dévoué même si elle n'a aucune idée de qui il est pour elle.  Est-ce acceptable que Monsieur continue de s'occuper religieusement de sa femme tout en en  fréquentant une autre?  Ou bien est-ce immoral de penser qu'il passe du bon temps avec une femme pendant que la sienne est encore bien vivante et qu'ils ne sont pas séparés?

Ça porte à réfléchir n'est-ce pas?

jeudi 19 septembre 2013

Et voilà!

Les dés de mon avenir sont lancés.  Mon sort dépend maintenant d'une feuille de papier 8 1/2 par 14 que j'ai faxé aux bureau des ressources humaines du CSSS ce matin.

C'est effectivement aujourd'hui que débutait l'affichage du poste que j'occupe présentement.  Le poste a été affiché en quart de soir.  Donc 3 soirs semaine de midi à vingt heures.  Ça ne m'intéresse pas le moins du monde.  Mais j'ai postulé quand même, par principe et pour la forme.

Vous savez ce qui est merveilleux dans la vie?  Les hasards!  Ma collègue, qui travaille quatre soirs semaine est intéressée au poste.  Vous ne comprenez sûrement pas ce qui est si génial dans cette affirmation n'est-ce pas?  Une explication et une mise à jour de la situation s'impose alors.

Ma collègue n'a pas de poste.  Elle est en fait sur un remplacement elle aussi.  Elle remplace une fille qui est partie depuis un peu plus de deux ans nous représenter au syndicat.  Elle ne cache pas qu'elle n'a pas l'intention de revenir en tant que technicienne en loisirs.  Du moins, pas dans un avenir rapproché.  La personne qu'elle remplace a un temps complet de jour.  Sauf que comme les normes ministérielles obligent qu'il y ait des soirs d'activités dans les CHSLD, ils ont décidé de la remplacer de soir, quatre jours semaine, question d'économiser une journée de salaire par semaine.  Ma collègue a aussi une compagnie à elle.  C'est pourquoi travailler de soir et à temps partiel fait son affaire.

Donc, ce qui est bien dans tout ça, c'est qu'en appliquant sur le poste elle aussi (et c'est elle qui l'obtiendra car elle a plus d'ancienneté que moi), son remplacement à elle sera disponible.  Et il redeviendra de jour puisqu'elle assurera les soirées avec son nouveau poste!

Vous imaginez, tout se placerait comme par magie!  Bon, bien sûr à condition que personne d'autre de plus ancien qu'elle n'applique (mais sur un temps partiel de soir, ça m'étonnerait beaucoup) et qu'on m'octroie son remplacement (mais je suis la seule personne disponible sur la liste de rappel).  Disons que ce ne sont que des techniqualités de paperasses administratives...

Donc, il ne reste qu'à attendre le verdict qui tombera la semaine suivant le 4 octobre!  Alors bonne chance Collègue!  Je serais vraiment heureuse que tu obtiennes ce poste et je serais très honorée de continuer à travailler avec toi car il y a tellement de projets en l'air!

Si non, j'ai aussi été réembauchée au CSSS où j'ai travaillé avant d'aller au CHSLD privé qui m'a foutu à la porte.  Rien de très concret pour l'instant puisque ce n'est que pour être sur la liste de rappel.  Ils n'ont rien à offrir pour l'instant.

Disons que c'est plutôt un geste symbolique ayant pour but de protéger ma profession:  quand j'ai quitté, ils n'ont trouvé personne pour remplacer le deux jours semaine que j'occupais.  Ils ont donc engagé une animatrice, une personne qui n'avait pas de diplôme d'intervention en loisirs et qui, de ce fait, était payée beaucoup moins cher que nous.  Puis, il y a eu des coupures de postes et de la supplantation alors la technicienne en loisirs qui se trouvait sans emploi a été à son tour supplanter l'animatrice.

Par contre, l'animatrice en question est sur la liste de rappel et peut aller remplacer une technicienne en loisirs alors pourquoi l'employeur chercherait à embaucher une personne qui ne travaillerait que quelques jours par année quand il a du ''cheap labor'' à sa disposition?

J'ai alors contacté mon ancien syndicat à qui j'ai transféré un courriel écrit le lendemain de mon renvois du CHSLD privé où j'envoyais mon CV à mon ancienne patronne.  Le syndicat a alors ''obligé'' les ressources humaines à me réembaucher car ce n'est pas légal syndicalement parlant de se faire remplacer par une personne qui n'a pas le même titre que nous.

Comme mon dossier d'employé était sans tache, ça n'a été qu'un nouveau contrat à aller signer et une nouvelle disponibilité à remettre.  Je garde le même numéro d'employée que j'avais.  Ça a été très rapide.

Donc je sais que je ne serai peut-être pas appelée régulièrement, il n'y a que le centre de jour qui remplace les techniciens en loisirs quand ils s'absentent pour une journée.  N'empêche qu'il me fera grandement plaisir de revoir mes anciens collègues quand je serai contactée!

Bon, alors sur ces nouvelles, je vous en redonne après le 4 octobre!  En espérant que c'en soit des bonnes!

mardi 10 septembre 2013

Question d'âge

L'âge, quel sujet intéressant...  Est-on est vieux ou jeune aux yeux des autres?  Tout est relatif j'imagine...  Il y a l'âge mental, l'âge légal, l'âge de raison, l'âge réel...  Depuis que je travaille avec les personnes âgées, ma perception de l'âge a beaucoup évoluée!

Ça me fascine toujours de demander l'âge aux personnes âgées (parce que rendu à un certain âge, ce n'est plus un crime de le demander!).  Ceux qui sont lucides vous donneront leur âge réel en étant fier de ce qu'ils ont accompli, ou avec un brin de tristesse dans le regard pour ceux qui sont plus hypothéquer que les autres.  Mais les gens qui ont des démences ou des troubles cognitifs vous répondent un âge différent.  Dépendant d'où ils sont rendu dans leur esprit.

Je me souviens une fois à mes tout débuts, j'avais 23 ans à l'époque, j'étais dans l'ascenseur avec un monsieur très gentil et très confus.  Je l'amenais assister au spectacle de musique dans la grande salle.  Je lui dis:  ''On s'en va écouter de la musique.''  Il me répond:  ''J'aime bien danser le rock'n'roll!''  ''On pourra danser ensemble si vous voulez!''  ''Je crois que vous êtes un peu trop vieille pour moi madame!''  qu'il me répond un peu gêné.  Et moi je le regarde un peu surprise par sa réponse mais quand même amusée: ''Quel âge avez-vous monsieur?''  ''Moi, j'ai 16 ans madame!''  Et moi, comprenant qu'il est revenu plus tôt dans sa vie je lui répond avec un grand sourire:  ''Alors vous avez raison mon cher monsieur, moi j'ai 23 ans, c'est un peu trop vieux pour vous!''

La semaine dernière, un peu le même genre de situation.  Je cogne à la porte d'un monsieur pour l'amener à l'activité.  ''Bonjour monsieur, on descend à l'activité?''  Et lui très content me tend la main avec grand plaisir:  ''J'ai travaillé 40 ans dans un fonderie moi madame!''  ''Ah oui?''  ''Oui madame!  Et j'aurai 80 ans en octobre!''  ''Wow, vous avez encore une bonne poigne!''  Et lui de me demandez: ''Vous, vous devez approchez de cet âge-là aussi?''  Alors là, je suis vraiment partie à rire au beau milieu du couloir!  Décidément, les hommes âgés me trouvent toujours trop vieille!  ''Heu, en fait, il me reste encore une couple d'années avant d'y arriver!''  ''Ah ok, une trentaine d'années environ?''  Je lui ai simplement souris, à quoi bon tout expliquer dans ce genre de situation!

Les femmes elles par contre, me trouvent toujours très jeune.  C'est bon pour le moral!

Du point de vue d'un enfant, c'est drôle aussi!  En fin de semaine, j'étais au McDonald avec mes deux enfants.  On était assis à une table en train de manger et une femme d'environ 60 ans passe devant notre table avec son cabaret.  Ma fille de quatre ans s'écrie vraiment fort pour s'assurer que tout le restaurant l'entende:  ''Salut vieille madame!''  Je vous dis pas comment j'étais gênée, je me serais cachée sous la table!  Heureusement, c'était une dame sympathique qui s'est tout de suite mise à rire de bon cœur et lui a répondu:  ''Habituellement les gens me disent salut ma tante, mais c'est vrai que je suis plus vieille que toi!''  Je me suis empressée de lui dire en riant quand même moi aussi:  ''Je suis vraiment désolée madame!''  Et elle:  ''Bah, c'est pas grave, ils n'ont pas de filtre à cet âge-là!'' 

Pourtant, je trouve que la dame n'avait pas l'air plus vieille que ma mère, par exemple.  Mes enfants n'ont jamais trouvé que mes parents avaient l'air vieux...  Mais quand j'y pense, c'est vrai que quand j'étais enfant, je trouvais que mes parents étaient vieux!  Les adultes c'était sérieux, c'était quétaine et ça écoutait de la musique plate. Quand j'avais dix ans, même 20 ans c'était vieux pour moi!  Dans ma petite tête, j'aurais 18 ans à l'an 2000, les voitures voleraient, c'était le futur très lointain!

Tout ça pour dire que c'est mon anniversaire aujourd'hui!  Eh ouais, 31 ans, déjà.  Je vous ai déjà dit que le temps passait vite?  Aujourd'hui j'ai 31 ans, les voitures ne volent toujours pas et je ne me sens pas vieille du tout!  J'écoute un peu tout les styles de musique et j'espère que je ne suis pas quétaine!  À quel âge doit-on commencer à se sentir vieille, le savez-vous?  Parce que moi, la trentaine, ça ne m'a pas affecté.

C'est quoi l'âge?  Une bougie de plus sur son gâteau?  Une ride de plus au coin des yeux?  Pour les personnes âgées, je suis une jeune de 31 ans, pour les enfants, je suis une vieille de 31 ans, pour moi, je suis juste une femme de 31 ans!  J'ai le cœur jeune, je sais m'amuser, me faire plaisir et je suis entourée de gens merveilleux!  J'ai la certitude que je me sentirai encore jeune à 50, 80 et même à 100 ans si je m'y rend!

Alors bonne fête à moi!  Je vous laisse deviner ce que je me souhaite!

lundi 26 août 2013

Le temps file!

Le temps file rapidement. À une vitesse incroyable et plus il passe, plus j’angoisse. Septembre arrive beaucoup plus vite que je ne l’avais imaginé en commençant à travailler ici en mai. La semaine prochaine déjà! À travers l’été, j’ai bien réussis à intercepter quelques informations concernant mon remplacement. Des informations incomplètes, soutirées à un peu tout le monde, morceau par morceau. Des rumeurs de toutes les sortes. Réelles ou non fondées? J’ai eu des moments d’espoirs, des périodes de découragement.
 
Au départ, il devait s’agir d’un remplacement à temps complet au CHSLD jusqu’à ce que le poste soit affiché, lui aussi à temps complet au CHSLD. Par la suite, on m’a dit que ça resterait un temps complet mais divisé entre deux CHSLD, trois jours dans un, deux jours dans l’autre; ce que je fais en ce moment. Ma patronne m’a rencontré la semaine dernière pour m’annoncer que le poste serait effectivement affiché en septembre mais à raison de trois jours semaine.
 
Trois jours, c’est quand même mieux que rien me direz-vous! Et je suis totalement d’accord avec vous. Seulement, deux jours de salaire en moins, c’est quand même une somme considérable… Et puis, il n’est pas encore dit que c’est moi qui obtiendrai ce poste! Il me semble qu’un quatre jours semaine serait tout à fait convenable et me conviendrait parfaitement pour pouvoir concilier travail et famille. Je sais qu’en ce moment ma patronne travaille très fort pour tenter d’en obtenir un peu plus. Parce que ce n’est pas elle non plus qui a le pouvoir de décision final. C’est là les joies de travailler dans le système gouvernemental! Il paraîtrait que les deux journées coupées ici seraient redistribuées dans les autres CHSLD du CSSS qui ont moins de jours d’activités par semaine. Elle m’affirme que la ou les journées qui seront ajoutées me seront proposées. Mais encore là, je n’en suis pas certaine. Il y a des personnes qui travaillent à temps partiel et qui ont plus d’ancienneté que moi.
 
En tout cas, je peux vous affirmer que ces temps-ci, je me sens vraiment comme une balle de ping-pong qui revole partout au gré des joueurs. Je sens que mon sort dépend de bien des gens et que je n’ai rien à dire en ce qui me concerne. J’ai l’impression de devoir quêter chaque journée de travail. C’est un sentiment tellement désagréable, je ne sais pas si vous pouvez imaginer. Ne pas être maître de sa propre destinée! C’est frustrant, angoissant, déstabilisant, déroutant… Enfin, vous voyez ce que je veux dire! Je n’ai jamais été aussi stressée de ma vie! Je me ronge les ongles comme jamais et j’ai des rages de cigarette incroyable, moi qui ne fume plus depuis presque six ans!
 
Vous comprendrez que je n’ose pas changer le nom de mon blogue encore même si je travaille à nouveau depuis maintenant presque quatre mois. J’ai tellement peur que mon quotidien redevienne celui d’une chômeuse! En même temps, je dois me dire que ça ne sera sûrement pas le cas, parce que si ce n’est pas moi qui ai le poste, ça libérera un autre endroit et je ne ferai que changer de place… Encore une fois! Mais c’est plus facile de le dire que de me le rentrer dans la tête! Je continue malgré tout de croire et d’espérer! Pas facile mais j’y travaille bien fort! En même temps, je me permet de regarder les offres d’emploi à l’occasion mais le ‘’timing’’ est mauvais en ce moment on dirait…