mercredi 27 mai 2015

Il y a 10 ans...

Il y a 10 ans, plus ou moins jour pour jour, je terminais mes études en intervention en loisirs au cégep.  22 ans, la vie devant moi et mon diplôme fraîchement imprimé entre les mains, je me lançais avec la plus grande fierté dans le monde du travail.  J'allais enfin exercer un vrai métier, pour lequel j'avais un réel intérêt.
 
Par contre, je dois vous faire une petite confidence: Pendant mes études en intervention en loisirs, je ne voulais ABSOLUMENT pas travailler auprès des personnes âgées.  Je gardais un souvenir et des images un peu traumatisantes de mes quelques visites au CHSLD où ma mère travaillait comme infirmière auxiliaire.
 
En effet, mon but premier était de travailler dans une école secondaire.  Vous savez, quand on désire des enfants, c'est quand même l'horaire idéal: pas de fin de semaine, congé à Noël, à la semaine de relâche et tout l'été!  Bref, j'avais fait tous mes stages dans des écoles.  Puis pour mon stage final, le directeur du programme m'a fortement suggéré de choisir un autre milieu afin de varier un peu mon CV quand viendrait le temps de me trouver un emploi.
 
Détestant toujours autant les CHSLD, je me suis alors tournée vers le milieu municipal.  J'ai passé une session complète au département des sports d'un arrondissement de la grande métropole.  J'ai adoré l'expérience!  Fin de mon stage, la superviseur toute heureuse, me dis que si je suis intéressée, elle peut m'offrir un petit poste de trois jours semaine.
 
Wow!  Je n'avais même pas encore mon diplôme en poche que j'avais un job assuré!  Je regardais tout de même les offres d'emploi au cas où je pourrais dénicher quelque chose à temps complet, ou du moins un autre emploi à temps partiel histoire de combiner les deux.
 
Et PAF!  C'est là que j'ai vu l'offre...  Un autre trois jours semaine au CHSLD où ma mère travaille!  Loin d'être motivée, je me suis dis que trois jours semaine, ce n'était pas la fin du monde et que j'aurais mon travail à la ville pour me changer les idées.  Et puis c'était un remplacement d'un an, le temps de me construire un beau CV bien rempli.
 
Bien que ma mère y travaillait depuis plus de 30 ans, je n'ai eu aucun passe droit, enlevez-vous ça de la tête!  J'ai passé par tout le processus d'embauche, entrevue, examen médical et tout le tra-là-là.  J'ai obtenu le poste.  Même si je n'étais pas tout à fait enchantée, j'étais quand même fière qu'on me fasse confiance puisque je n'avais absolument aucune expérience ni auprès de cette clientèle mais qu'en plus, je sortais tout juste de l'école!
 
J'ai fait un an à combiner les deux.  J'ai apprivoisé tranquillement les personnes âgées.  Je crois que j'ai eu l'avantage de débuter avec la clientèle du centre de jour.  C'est un peu comme un camp de jour, ce sont des personnes qui habitent encore à la maison et qui viennent passer la journée avec nous afin de donner un petit répit à l'aidant principal ou tout simplement pour briser l'isolement social.
 
Je me suis surprise à préférer au final mes journées au centre de jour à celles à la ville.  Après un an, un des deux technicien d'intervention en loisirs du côté de l'hébergement a demandé un an de congé sans solde.  On m'a offert son remplacement.  J'avoue que l'idée de me retrouver avec une clientèle plus lourdement hypothéquée que celle du centre de jour me faisait peur mais je savais qu'il n'avait pas l'intention de revenir et l'idée d'un potentiel poste permanent après seulement deux ans d'expérience était plus qu'alléchante.
 
J'ai remis ma démission à la ville, avec un petit pincement au cœur je l'admets.  C'est quand même là qu'on m'avait fait confiance en premier!  Vous connaissez la suite!  J'ai été là cinq belles années!  Ensuite, je suis déménagée trop loin pendant mon congé de maternité, j'ai trouvé un remplacement d'un an (mais j'y suis resté deux ans) au CSSS près de chez moi, à la fin de ce remplacement, on m'a embauchée au fameux centre privé subventionné qui m'ont gentiment remercié un vendredi soir à 16h (toujours inexpliqué soit dit en passant!) et depuis deux ans (déjà!!) je travaille où je suis en ce moment.
 
10 ans!  C'est fou!  C'est long mais en même temps, j'ai l'impression que viens de quitter les bancs d'école.  La même passion et l'amour de mon métier (et des résidents!) m'animent.  Avec tout ce qui se brasse au gouvernement en ce moment, on me demande parfois si j'ai un plan B...  Honnêtement je n'en ai pas.  Je ne me vois pas faire autre chose.  Je crois que je serais trop malheureuse, j'ai encore l'impression d'avoir le plus beau métier du monde et d'être extrêmement choyée d'être payée pour faire quelque chose qui me passionne.
 
C'est quand même drôle comme hasard, mais j'ai également reçu mes papiers de retraite la semaine dernière!  Oui, oui!  Vous avez bien lu!  Alors notez à votre calendrier que le 24 avril 2040, je serai libre de rester chez moi, âgée de 58 ans, après 35 années de service.
 
Il me reste donc encore 25 belles années à travailler (je l'espère!).  Mais quand on fait ce qu'on aime, le temps passe tellement vite!  Encore faut-il avoir la chance de garder son emploi, mais ça c'est une toute autre histoire!
 


mardi 19 mai 2015

Verdict:

Voilà, je vous ai assez fait languir! Ça fait un peu plus d'une semaine que je sais que c'est moi qui ai obtenu le poste.  Mais j'attendais que les ressources humaines m'appellent pour que ce soit officiel.  En effet, comme je m'en doutais, j'étais la plus ancienne à avoir postulé suivie de deux filles avec moins d'ancienneté que moi.
 
Donc la gentille dame de la dotation m'a téléphoné au bureau cet après-midi vers 14h00.
 
- Bonjour madame Banville, c'est la madame de la dotation.  Vous allez bien?
 
- Oui, vous-même?
 
- Très bien merci!  Vous avez postulé pour un poste de trois jours semaine au CHSLD à l'autre bout du monde?
 
-  En effet oui.
 
- Êtes-vous toujours intéressée?
 
Et là, vous savez ce que j'ai osé répondre sans la moindre hésitation?!  Ha Ha Ha  J'ai pris le poste ou pas d'après vous?
 
- Non madame, je vais malheureusement le refuser!
 
Hey, c'est pas des farces, pendant quelques secondes, je me pensais au Banquier!  ''Cette offre est RE-FU-SÉE!!!''
 
C'est quand même quelque chose de cracher sur un poste permanent.  Je sais ce que c'est pour avoir quitté le mien en ville il y a un peu plus de cinq ans maintenant...
 
Par contre, en y réfléchissant comme il faut, je n'aurais jamais réussi à survivre financièrement en assumant tous les comptes toute seule avec une paie de trois jours par semaine.  En plus la distance est un facteur déterminant quand on doit aller chercher les enfants à l'école tous les soirs.
 
Et puis en considérant que rien ne changera au niveau syndical tant que nos conventions collectives ne seront pas négociées au niveau national, je pense bien en avoir encore pour quelques années avec mon remplacement.  Et puis qui dit qu'une fois les négociations signées et le maraudage terminé, ce ne sera pas notre centrale qui remportera les élections?
 
Il faut faire confiance à la vie parfois.  Je peux affirmer que jusqu'à maintenant, j'ai toujours eu une bonne étoile malgré les périodes plus difficiles.  C'est un coup de dés lancés chaque fois.  Je suis confiante que quelque chose se présentera pour moi au moment opportun.
 
J'ai l'air zen en racontant tout ça, mais l'avenir me stresse un peu tout de même.  Est-ce que je regrette ma décision?  Contrairement à ce que j'avais pensé; pas une seule miette!  C'était un risque beaucoup trop grand à prendre.  Encore plus que celui d'occuper seulement un remplacement (qui ne se terminera peut-être jamais finalement!)
 
Soyons positifs!  J'aurai beaucoup de choses à vous raconter sous peu, de nouveaux défis se présentent pour moi que j'ai bien hâte d'entreprendre!

jeudi 23 avril 2015

Un poste?

On dirait que parfois dans la vie les choses arrivent quand on ne s'y attend pas.  Un peu comme aujourd'hui.  C'est la période d'affichage de postes qui débutait ce matin.  J'ai donc été feuilleter le cartable contenant les postes affichés sans espoir puisqu'il n'y a jamais rien en loisirs.  Sauf que là SURPRISE!!  Il y a un poste permanent affiché comme technicienne en loisirs!  Youppi!

Sauf que, calmons-nous le pompon mes amis!  Comme il ne peut jamais rien avoir de simple dans la vie, il y a un MAIS.  Il s'agit d'un poste à temps partiel, trois jours par semaine.  Jusque là, je peux toujours vivre avec ça.  Le poste en question se situe dans un CHSLD qui se trouve à 70 km de chez moi.  50 minutes matin et soir.  Sans le trafic vers la ville par contre.

Donc je me retrouve face à un dilemme...  Sachant que je suis la seule à tout assumer à la maison, voici les options qui s'offrent à moi:

Je prends le risque d'obtenir un poste qui m'appartiendra mais qui est plus loin et moins payant car il me fera perdre une journée par semaine.

Je garde mon remplacement indéterminé qui est près de chez moi et plus payant car il offre une journée de plus par semaine.  Mais je ne sais jamais si je travaillerai le mois suivant...

J'avoue que d'un côté comme de l'autre, j'ai peur de prendre la mauvaise décision...  J'ai peur de choisir de garder mon remplacement actuel à cause de l'aspect financier mais que dans quelques mois, le syndicat change et que la titulaire du poste revienne.  À ce moment-là, je me retrouverai face au néant et devrai demander le chômage.

De l'autre côté, j'ai peur d'accepter le poste à trois jours semaine en fonction de l'aspect sécuritaire, en n'étant pas certaine d'arriver financièrement, qu'en fin de compte notre syndicat soit élu et que finalement, mon remplacement aurait pu se poursuivre plusieurs années encore.

Pour votre information, j'ai postulé.  L'affichage se termine le 8 mai.  Comme je suis la plus ancienne sans poste sur la liste de rappel, je crois avoir de fortes chances de l'obtenir, à moins bien sûr qu'une personne plus ancienne ayant déjà un poste applique elle aussi.

Si je l'obtiens, j'ai droit à une période d'essai de trente jours.  Sauf que là aussi, je ne suis pas certaine de pouvoir retourner sur mon remplacement à la fin de la période d'essai puisque je n'ai pas de poste m'appartenant en ce moment...

Je déteste avoir ce genre de décision à prendre!  Je me sens prise au piège et j'ai peur de le regretter peu importe la décision que je prendrai.  En fait, je vous avoue que c'est surtout l'aspect financier qui me fait peur dans toute cette histoire.  Le chômage un jour ou un trois jours semaine?  Je fais quoi?  Au secours!

samedi 7 mars 2015

Politique et syndicat

Vous ai-je déjà mentionné que le poste que j'occupe actuellement est en fait un remplacement indéterminé?  Eh bien voilà, si ce n'était fait, maintenant ça l'est!  En effet, je remplace une personne qui est libérée à temps complet puisqu'elle est déléguée syndical.  En fait, ça fait bien mon affaire car généralement, quand le ou la délégué(e) est apprécié(e), elle est réélue chaque mandat et peut aisément terminer sa carrière au sein du syndicat.  Ce qui semble être le cas de la personne que je remplace en ce moment.  C'est souvent comme ça.  Sauf que maintenant, notre gentil gouvernement a voté (sous bâillon rappelons-le!) une loi qui changera le monde de la santé publique au Québec sous peu.
 
En principe, selon le gouvernement toujours, ça ne changera pas grand chose pour les travailleurs ''ordinaires'' du réseau de la santé.  Les coupures auront supposément lieu surtout au niveau des supérieurs et du personnel de gestion.  Je n'ai pas l'habitude de parler politique.  Ni dans la vie ni ici comme vous l'avez sûrement déjà constaté.  Il s'agit d'un sujet délicat menant presque toujours à des conflits.  Sauf que cette fameuse loi 10, pour ne pas la nommer, me concernera peut-être de beaucoup plus près que je ne l'aurais souhaité.
 
C'est qu'en fusionnant les deux CSSS de la région, l'agence de la santé, les centres jeunesses ainsi que les centres de réadaptation physique, notre catégorie d'employés: la classe 4, se retrouvera à être représentée par trois centrales syndicales différentes.  Or, en devenant un seul et même employeur, il nous faudra élire une seule centrale pour nous représenter.  De là où je serai peut-être affectée...  Car si ce n'est pas la centrale du CSSS où je travaille actuellement qui remporte, la personne que je remplace, reprend sa place.  Chose tout à fait normale et je le savais au départ.  Mais ne m'y attendait pas vraiment...  Pas aussi vite en tout cas!
 
La loi n'entre en vigueur que le 1er avril, ce qui arrive assez vite tout de même, et aucun échéancier n'a été remis pour le moment.  Ça ne sert à rien de paniquer maintenant me direz-vous.  Et vous avez bien raison.  Mais étant maintenant toute seule à assumer les dépenses d'une famille je vous avoue que j'y songe parfois et que ça me fait angoisser!
 
Et puis, si je peux me permettre un aveu, j'aurais tellement de peine de quitter cet endroit!  J'adore mes collègues, mes patrons, mes résidents, mon bureau, mon matériel, mes projets en cours...  Bon, je sais, ce sont des choses qui arrivent.  J'aimerai probablement tout autant le prochain endroit où je travaillerai, mais ceux qui me suivent depuis les débuts de ce blogue pourront comprendre que j'espérais un peu de stabilité au niveau de ma carrière en m'installant dans ce CSSS...
 
Les emplois en loisirs ne courent pas les rues.  Les emplois payés convenablement je veux dire.  Bien sûr je resterai disponible sur la liste de rappel.  Je serai la plus ancienne sans poste, donc la première à être appelée.  Sauf que pour le moment, personne ne semble sur le point de la retraite ou au bord d'une maladie à long terme (ce que je ne souhaite à personne on s'entend là-dessus!)  Et puis recommencer tout le processus d'entrevue, d'embauche, être encore la dernière arrivée, apprendre à connaître un nouveau milieu...  Honnêtement, je n'en ai plus tellement envie.
 
En tout cas, je vais continuer de faire confiance à ma bonne étoile car après tout, j'ai quand même toujours eu de la chance dans ma carrière.  N'empêche que ça m'inquiète un brin.  Moi qui n'ai jamais été syndicaliste dans l'âme, je vous assure que je militerai nuit et jour pour que ce soit notre centrale syndicale qui gagne!  Et je vous jure que moi, je n'ai pas voté libéral aux dernières élections!

jeudi 27 novembre 2014

La tatouée

À titre informatif pour ceux qui ne m'aurait jamais vu ni en photo ni en personne, mon bras gauche est tatoué de l'épaule au coude.  Rien de vulgaire ou démoniaque, non; des fleurs roses et des étoiles bleues avec les prénoms de mes enfants.

 
 
Bien sûr, quand vient la saison des manches courtes, mon bras suscite toujours une foule de questions de la part des résidents: Est-ce que ça fait mal?  Combien de temps ça a pris?  Combien ça t'a coûté?  Que feras-tu si un jour tu n'aimes plus ton tatouage?  Bref, je ne me suis jamais sentie jugée par eux.
 
Jamais sauf par une dame dernièrement.  Dès qu'elle me croit hors de portée de l'entendre elle dit aux autres:  ''Regardez-là!  Un bras tatoué!  C'est pas laid là, mais moi je ferais jamais ça!  Ça part pu ça après!  En plus, c'est poison ce qui vous injecte dans le bras!''  Soyez sans crainte, je ne lui en veut pas du tout!  Je sais très bien qu'à son époque, les femmes ne se faisaient pas tatouer.  Et je suis aussi consciente que la maladie enlève les inhibitions.
 
Par contre, je me dis qu'elle n'est pas si loin l'époque où les premières femmes tatouées arriveront dans nos CHSLD.  Bientôt une nouvelle génération de ''personnages âgés'' comme dirait ma fille, habitera dans nos centres.  Une génération de percés et de tatoués!
 
Bientôt nos musiciens devront laisser leur répertoire de Michel Louvain et Renée Martel de côté et apprendre à jouer du Led Zeppelin et du Pink Floyd!  L'époque du bingo et des poches achève son règne mes amis (à moins qu'on se mette à aimer ces activités dès l'instant où on obtient une chambre en CHSLD? ...)!
 
Dans un avenir rapproché mes collègues TIL et moi devront revoir notre programmation afin de répondre aux besoins de cette nouvelle génération de résidents.  Déjà, dans plusieurs centres, il y a quelques personnes beaucoup plus jeunes que les autres, car il n'existe malheureusement pas d'endroit où caser les gens en bas de 70 ans. 
 
Enfin, tout ça pour dire que de beaux défis nous attendent très bientôt!  Et que moi, même si j'aime bien les tounes quétaines, j'ai hâte quand même d'entendre du Metallica pendant nos spectacles du dimanche après-midi! 
 
 

mardi 15 avril 2014

Bonne première journée nationale des TIL!

Afin de souligner la première édition de la journée nationale des Techniciens d'Intervention en Loisirs, j'ai envie de rendre hommage aux techniciennes en loisirs avec qui j'ai eu la chance de travailler au cours de ma carrière.
 
Allons-y donc en ordre chronologique en commençant par Amélie.  Quel duo d'enfer on a été n'est-ce pas?  On avait beau se plaindre parfois, mais quand on se compare, on se console et pour avoir travailler ailleurs après le CHSLD où nous travaillions ensemble, je peux confirmer qu'on se plaignait le ventre pas mal plein!  On était tellement gâtées à cet endroit et on le savait même pas!  On en as-tu essayé des affaires impossibles et inimaginables!  On a frappé des murs parfois mais plus souvent qu'autrement, on a connu de belles réussites.  Je ne garde que des beaux souvenirs de ce bon vieux temps et ça me fera toujours plaisir d'aller te voir dans ton coin de pays éloigné pour qu'on se le rappelle ensemble!
 
Isabelle...  Probablement la technicienne en loisirs la plus dévouée qu'il m'ait été donné de côtoyer! Tu offres ton temps aux résidents sans compter.  C'est selon moi ce qui fait de toi une excellente TIL.  Donner au suivant sans regarder, nous sommes là pour ça après tout non?  Je suis vraiment heureuse que tu puisses maintenant travailler dans un endroit où on t'apprécie à ta juste valeur car tu le mérites vraiment, n'en doute jamais!
 
Ma belle Jessy, notre collaboration aura été la plus courte de ma carrière mais elle m'aura permis de rencontrer une fille géniale et par la même occasion de me faire une nouvelle amie chère à mon cœur!  Regarde le chemin qu'on a parcouru toutes les deux depuis le temps où on a travaillé ensemble et dis-toi bien que cet endroit ne nous méritait pas!  J'ai déjà hâte à notre prochain souper de fille!
 
Et toi Chantal.  Je suis vraiment contente d'être tombée sur une collègue comme toi!  Je sais qu'on forme une belle équipe et qu'on pourra réaliser de supers projets toi et moi.  Je crois bien que nous sommes complémentaires et que c'est ce qui fait la force du service des loisirs de notre Centre!  J'espère avoir la chance de travailler encore longtemps auprès de toi!
 
Et pour tous les autres techniciens en loisirs que je connais, et ceux que je ne connais pas aussi, je voudrais vous dire que nous avons le plus beau métier du monde!  Nous sommes des semeurs de joies.  Vous vous rendez compte qu'on est payé pour donner du bonheur à ceux qui en ont besoin?  Il ne faut pas lâcher gang, un jour les gens connaîtront vraiment notre travail et ne penseront plus qu'on ne fait que jouer au bingo!
 
 

vendredi 11 avril 2014

Trois chiffres

Connaissez-vous personnellement un ou une centenaire?  Évidement, j'ai eu la chance d'en rencontrer quelques-unes au cours de ma carrière.  Je dis quelques-unes car force m'est de constater que la majorité des centenaires sont des femmes!
 
Comme je l'ai déjà expliqué dans un texte précédant:  Question d'âge , l'âge c'est quelque chose de très relatif ne trouvez-vous pas?  Ce qui est considéré vieux pour certain sera forcément jeune pour d'autres.  Mais 100 ans!  Vous imaginez-vous un peu?  Écrire notre âge prend maintenant trois chiffres!  100 ans, c'est un siècle!
 
Étrangement, toutes les centenaires que j'ai rencontrées avaient toutes, sans exception, l'air d'avoir à peine 70 ans!  Saines d'esprit, belles, capables de faire encore quelques pas debout, elles pouvaient toutes en rendre un paquet jaloux!
 
Si je vous raconte tout ça, c'est qu'aujourd'hui, nous avons célébré le 100e anniversaire de madame Rayonnante.  Elle a tenu à participer elle aussi à la préparation de la fête.  On comprend qu'à cet âge respectable, les ''surprises'' c'est un peu raide sur le cœur!  Du choix de ses invités au choix du menu servi, elle a mis son joli nez dans tous les détails!  Journée remplie d'émotions pour madame Rayonnante.  Bien entourée de sa famille et des gens qui l'aiment elle a eu le sourire aux lèvres tout l'après-midi.
 
C'est fou, je suis toujours impressionnée de voir à quel point les centenaires semblent en grande forme!  Je crois d'ailleurs que si ces personnes sont parvenues à franchir le cap des trois chiffres, c'est effectivement qu'elles ont une bonne santé physique et mentale.  Si plusieurs personnes ne souhaitent pas se rendre aussi loin dans la vie, moi au contraire, si je suis en santé, j'aimerais bien me rendre jusque là!
 
Si jamais vous rencontrez un centenaire, je vous conseille fortement de prendre quelques minutes de votre temps pour avoir une petite discussion avec cette personne.  Vous ne pouvez pas imaginer toutes les époques qu'ils ont traverser et toute l'expérience qu'ils peuvent vous transmettre!
 
 
Joyeux anniversaire madame Rayonnante et longue vie encore!

lundi 3 mars 2014

La chance d'aimer son travail

J'avais juste envie de vous écrire un petit mot sur le sujet.  Je sais que je vous l'ai répété souvent combien j'aime mon travail.  Mais ces temps-ci, je réalise pleinement comme il est essentiel d'aimer ce qu'on fait!

Sans entrer dans les détails disons que depuis quelques temps ma vie privée laisse à désirer.  Je bénis chaque jour que je me rend au Centre car pendant sept heures consécutives, je ne pense à rien d'autre qu'au plaisir des autres.  Je suis le genre de personne qui est capable de laisser ses problèmes personnels dans sa voiture au stationnement.  Je suis pratiquement certaine que personne au travail ne peut se douter de ce que je vis à l'extérieur des murs de l'édifice parce que je me sens bien quand j'y suis.

Je remercie tellement la vie d'avoir un boulot où je puisse m'accomplir et me réaliser car je suis totalement consciente qu'en ce moment, c'est ce qui me permet de continuer et de rester debout (ça et mes enfants bien sûr!).  Je suis convaincue que si j'avais un boulot que je détestais et dans lequel je ne me plaisais pas, je serais en dépression aujourd'hui.

Mon travail est mon exutoire, voilà.  En plus, il me permet de remettre les choses en perspectives.  De me dire qu'il y a des choses bien pire dans la vie que ce que je peux bien vivre en ce moment.  Je me considère tout de même chanceuse; je suis bien entourée des gens qui m'aiment contrairement à tellement de résidants...

Alors voilà, je suis désolée d'être moins présente pour le moment mais un jour le soleil sortira de derrière les nuages et j'aurai d'autres anecdotes sur la vie en CHSLD à vous raconter!  C'est une promesse.

À bientôt!

samedi 1 février 2014

Décor AdoNné

Je me dois de vous parler d'un organisme merveilleux avec lequel j'ai eu la chance de collaborer aujourd'hui même.  Il s'agit d'un organisme à but non lucratif qui a pour mission d'offrir des relookings de chambre aux personnes âgées seules et défavorisées dans un contexte intergénérationnel.

Pour y parvenir, l'organisme recrute un groupe d'élèves du secondaire ayant des heures de bénévolat à faire.  Ces jeunes organisent une levée de fonds qui sert à acheter tout ce qu'il faut pour le décor de la chambre du résident sélectionné.  Ensuite, une petite rencontre a lieu avec le résident afin de connaître ses goûts, ses intérêts et apprendre à mieux le connaître.  Et vient le grand jour du relooking.  L'équipe arrive vers 9h vide la chambre, peinture, replace, décore...  Pendant ce temps, le résident ne peut rentrer dans sa chambre afin de garder la surprise pour le grand dévoilement en fin d'après-midi!

Chez nous, c'est monsieur Chanceux qui a été sélectionné.  C'est un homme sympathique, n'ayant pas beaucoup de sous et qui n'a pas de famille.  Toujours souriant, il est le premier à nous suivre quand une activité débute.  Sa chambre n'avait aucune décoration; pas de douillette, murs blancs, pas de rideaux...  Vous voyez le genre?  Une chambre triste et terne pour un homme si joyeux!

Monsieur Chanceux avait hâte que les jeunes viennent décorer sa chambre puisqu'ils les avaient rencontré la semaine dernière.  Les employés lui en ont d'ailleurs parlé toute la semaine!  Confiné au salon depuis 9h00 le matin sans avoir le droit d'entrer dans sa chambre, monsieur Chanceux tournait en rond.  À 10h00, je suis allé faire un jeu pour les gens de son étage histoire d'occuper une heure de sa journée.

Heureusement pour lui, une bénévole était libre pour l'amener dîner à la cafétéria afin de lui changer les idées puis comme la messe a lieu le samedi après-midi, quand monsieur Chanceux est remonté à son étage, sa nouvelle chambre était toute prête!  Les quatre jeunes filles de l'équipe ont travaillé très fort pour lui toute la journée!

C'est donc un homme tout souriant et impatient comme un enfant qui a ouvert la porte de sa chambre.  Puis c'est un homme complètement ému qui s'est mis à pleurer, comme ça, debout au beau milieu de sa chambre toute neuve sentant la peinture fraîche.

Regardant partout autour de lui et observant tout le monde qui avait travaillé toute la journée pour lui, il ne faisait que répéter avec de grosses larmes lui coulant sur les joues:  ''Je le sais pas quoi dire...  J'ai jamais rien vu d'aussi beau!  Je sais pas quoi dire!  C'est bin beau!''

Comment ne pas être bouleversée aussi?  La gorge nouée, je lui flattait l'épaule en lui disant qu'il fallait être heureux de ce qui lui arrivait!  Autour, les étudiantes en larme elles aussi étaient touchées par la réaction de monsieur Chanceux.  Quand les larmes cessaient, un employé entrait dans la chambre pour voir le travail terminé et voilà que les larmes lui revenaient de plus belle!

Je crois que monsieur Chanceux se souviendra de cette belle journée pour le reste de sa vie!  Et je suis aussi convaincue qu'il passera une très belle première nuit dans sa chambre redécorée!

Ce fut pour moi une expérience mémorable, enrichissante et oh combien bouleversante!  J'étais certaine qu'il serait content et qu'il aurait une belle réaction lors de la surprise, mais jamais de ma vie je n'aurais pensé le voir fondre en larme de la sorte!  Rendre les gens heureux, c'est toujours agréable!  Je vous l'ai déjà dit combien j'aime ma job?

Je voudrais souligner également la collaboration exceptionnelle de tout le personnel du Centre.  De ma patronne qui a embarquée dans le projet avec plaisir, aux employés de la maintenance qui ont répondu aux petites demandes de dernières minutes, à la préposée à la salubrité qui a nettoyé la chambre avant le dévoilement et au personnel de l'étage qui s'est occupé de tenir monsieur Chanceux loin de sa chambre toute la journée!

Je souhaite une longue vie à l'organisme Décor AdoNné afin de continuer de donner du bonheur à des gens qui en ont grandement besoin!  Il est d'ailleurs possible de leur faire des dons si jamais ça vous dit!

PAGE FACEBOOK DE Décor AdoNné

La Chambre de monsieur Chanceux Avant / Après:


vendredi 3 janvier 2014

Rétrospection et introspection

Il y a exactement un an, à pareille date, je retournais travailler au CHSLD privé où j'avais déjà travaillé quelques mois.  Il y a un an jour pour jour, j'étais convaincue d'avoir trouvé LA job de rêve, celle où je resterais probablement jusqu'à ma retraite.  Dieu qu'on est loin parfois de connaître la vérité!  J'étais à des lieux de me douter de la belle fin qu'on me réserverait quatre mois plus tard!

J'admets out de même que j'ai aimé travailler à cet endroit.  J'y ai rencontré des collègues super.  Les lieux physiques sont tellement propices au loisir; les salles d'activités sont immenses et le terrain sur le bord du fleuve est magnifique pour les activités extérieures en été.  Évidement les résidents, comme partout ailleurs, sont attachants et apprécient notre travail.

Cependant, je n'ai jamais ressenti la confiance de ma patronne.  J'ai toujours eu ce sentiment d'être épiée, surveillée, observée sur tout ce que je faisais et sur comment je le faisais.  Je n'avais jamais connu cette sensation ailleurs.  En y repensant comme il faut, je suis finalement bien heureuse qu'on m'ait si gentiment montré la porte!

En effet, si j'étais encore là-bas, je me taperais le trafic vers Montréal tous les matins, je vivrais soir après soir la course contre la montre pour arriver à temps à la garderie et à l'école pour prendre les enfants et surtout, je crois que je ne serais pas heureuse au travail car il me manquerait toujours ce sentiment de confiance que m'accorde totalement ma nouvelle patronne.

Bref, sans ce congédiement, je n'aurais jamais été embauché au CSSS où je me trouve maintenant.  Je n'aurais pas le bonheur de travailler à quelques minutes de la maison et sans jamais subir le moindre trafic.  La complicité entre tout les membres du personnel et la confiance de mes supérieurs sont également des points qui ne se comparent même pas à l'autre milieux.

En ce temps de l'année où l'on fait des rétrospections sur les derniers mois qui viennent de passer, je peux affirmer que 2013 a été chargée en émotions fortes pour moi.  En faisant ma propre introspection, je sais que j'ai fait les bons choix pour mon bonheur professionnel et que finalement, malgré le lot de complications que cet événement aura apporté dans ma vie, il s'agit de la plus belle chose qui me soit arrivée l'an passé!

De plus, sans cette mise à pied, je n'aurais jamais eu de source d'inspiration pour débuter ce blogue!  Alors mon souhait pour 2014, c'est que mon emploi demeure stable et motivant et de pouvoir continuer de vous en livrer les hauts et les bas!

Je vous souhaite à tous la santé bien sûr, mais également un emploi qui vous plaît et qui soit à la hauteur de vos espérances!  Bonne année 2014!

lundi 23 décembre 2013

Croire au Père-Noël

Peut-être me trouverez-vous ''bébé'' mais moi je crois au Père-Noël.  Oui, oui!  À 31 ans j'ai encore mon coeur d'enfant qui s'émerveille de la magie de Noël.  Bien entendu, je trouve craquante la belle naïveté de mes enfants qui croient fermement à toutes ces belles histoires de Père-Noël, de lutins et de rennes.  Par contre, quand on devient adulte, je crois qu'il est essentiel de préserver ces belles croyances dans notre coeur.

Je n'ai pas honte de l'avouer; j'adore le temps des Fêtes et toute la charge émotionnelle qui vient avec.  Parfois, c'est effectivement bien triste mais ça ne dure jamais longtemps parce que le temps des Fêtes, c'est surtout une période de l'année remplie de joies!

Aujourd'hui, c'était la tournée annuelle du Père-Noël au centre.  Bien entendu, il s'agissait du vrai en personne.  Il connaît chaque résident par son nom et il sait s'ils ont été sages ou non!  Chaque résident sans exception a été visité par le gros bonhomme rouge.

Tous les visages s'illuminent dès qu'ils le voient arriver!  Même les mémoires les plus atteintes trouvent un air familier à ce personnage du Pôle-Nord.  Je ne compte plus le nombre d'entre eux qui ont affirmé avoir toujours cru en lui et croire toujours en lui à 80-85 ou même à 95 ans!  Certains avaient la gorge nouée par l'émotion de lui serrer la main, d'autres ont même versé quelques larmes et certains sont tout bonnement éclatés en sanglots.

Peu importe notre âge, le Père-Noël a toujours ce pouvoir de rendre les gens heureux!  Je vous laisse sur les sages paroles qu'une dame a prononcées ce midi juste avant de pleurer:  ''J'ai toujours dit à mes enfants de croire au Père-Noël et que la journée où ils cesseraient d'y croire, ils seraient bien malheureux!  Moi je crois encore en vous à 82 ans Père-Noël!''

Joyeux Noël à vous!

mardi 17 décembre 2013

Le jour de la marmotte

Cette semaine, ce sont nos dîners de Noël au Centre.  Les familles des résidents sont invitées à partager un repas traditionnel des Fêtes dans notre salle d'activité et un musicien met de l'ambiance et fait ''lever le party''.

Dans certains centres, toutes les unités font le dîner de Noël la même journée.  Les résidents et leurs invités mangent à l'étage et il y a un musicien différent sur chaque unité.  C'est alors une très grosse journée pour le technicien en loisirs qui passe son temps à faire la tournée des étages pour s'assurer que tout se déroule comme prévu et qu'il ne manque de rien nul part.  On est brûlé à la fin de la journée mais une fois que tout est rangé, c'est fini!

Chez nous, il n'y a pas assez d'espace sur les unités pour pouvoir manger sur les étages en compagnie des membres de familles.  Nous devons donc, comme dans beaucoup d'autres centres, faire le dîner de Noël dans la grande salle d'activité, qui n'est tout de même pas assez grande pour pouvoir contenir tous les résidents avec tous leurs invités.  Comme il y a quatre étages, on refait alors le même dîner quatre jours de suite.

Chaque jour c'est exactement la même chose qui se reproduit: mettre les couverts, servir le même repas, faire le même discours, écouter le même musicien (heureusement qu'il est bon!), débarrasser, nettoyer et... recommencer!  Une vague impression de déjà-vu de jour en jour.  En fait, les seules choses qui diffèrent d'un jour à l'autre, ce sont les participants!

Je ne m'en plains pas du tout!  Ce sont des journées qui passent terriblement vite et surtout, on s'amuse vraiment!  C'est toujours un plaisir de rencontrer les membres de famille, de voir les résidents mis sur leur trente-six pour l'occasion et arborer un sourire fendu jusqu'aux oreilles!  Par contre, à deux heures de l'après-midi, quand tout le monde quitte la salle, j'irais me rouler en petite boule dans un coin de la salle et je dormirais bien une heure ou deux!  J'ai le cerveau en compote!

Demain c'est donc ma deuxième moitié de semaine qui commence!  Scène un prise trois!  La tourtière et la dinde me sortent déjà par les oreilles et j'ai des ampoules aux pieds à force de danser!  Courage, il n'en reste que deux!  Mais soyez rassurés, j'ai réellement hâte de fêter avec les deux dernières unités!  La joie qui se lit sur les visages vaut tout l'or du monde, je vous le garanti!

Ma fin de semaine sera grandement méritée et appréciée!

vendredi 6 décembre 2013

Minuit chrétien

Comme je vous le disais au début du mois, notre sprint d'activités des Fêtes est officiellement commencé.  Hier une chorale venait nous faire un spectacle de Noël.  Au cours de ma carrière, j'en ai vu plusieurs chorales mais sérieusement, celle-là était particulièrement excellente!  Je me suis même demandé à un moment s'ils faisaient du ''lip sync'' par dessus une trame sonore tellement ils chantaient à l'unisson.

Dès les premières mesures du traditionnel Minuit chrétien, j'ai réalisé en observant les résidents que beaucoup d'entre eux avaient la larme à l'oeil.  Certains pleuraient même comme des Madeleines!  Le motton à la gorge, j'ai dû sortir de la salle d'activité avant de déborder moi aussi.

C'est fou comme la musique fait travailler l'esprit non?  Le temps des Fêtes, c'est une période chargée en émotions et en souvenirs pour bien des gens.  Imaginez lorsqu'on a 90 ans, ça fait plusieurs Noëls à se rappeler!

Qu'on soit en centre d'hébergement ou non, la période des Fêtes nous rappelle toujours qu'il y a des gens qu'on aimait qui ne sont plus là mais il faut se remémorer aussi, les réjouissances en familles, la bonne nourriture, les cadeaux, les décorations et le plaisir!

Heureusement qu'après le Minuit chrétien, c'est le party qui commence!

dimanche 1 décembre 2013

Décembre!

Hé ouais!  Déjà le mois de décembre qui frappe à nos portes!  Je sais que je l'ai déjà dit mais c'est incroyable comme le temps passe vite!

Une personne qui travaille en loisirs en centre d'hébergement qui n'aime pas Noël est bien malheureuse en cette période de l'année je peux vous l'assurer!  Pour nous la période des Fêtes se prépare pratiquement six mois à l'avance!  Sans blague; il faut penser réserver les musiciens pour nos repas de Noël (si on en veut des bons) en janvier ou février.  Ce qui veut également dire que dès que le ''party'' est terminé, on détermine immédiatement  la date pour celui de l'année suivante!

Puis en septembre, on rédige les lettres d'invitation aux familles.  Le tout est posté en octobre pour que les réponses arrivent en novembre.  Par la suite, on court comme des poules pas de têtes!  Réunions avec le service alimentaire, comptabiliser l'argent de la vente des billets, faire les listes d'inscriptions des résidents, placer la salle...

Sans compter tout ce qui s'ajoute aussi à la programmation en plus des repas de Noël.  La décoration du centre est pratiquement toujours sous la responsabilité du service des loisirs (et je peux vous assurer qu'un centre avec quatre unités de vie, c'est long à décorer!), une dizaine de chorales se bousculent pour venir nous offrir des concerts (gratuits ou non), des organismes comme les Chevaliers de Colombs, les Filles d'Isabelle ou encore le Cercle des Fermières veulent venir faire des visites aux personnes seules, on reçoit même parfois des petits paniers cadeaux pour ceux qui ne reçoivent jamais de visite.

Au travers la multitude d'activités, il faut aussi penser à se réserver un moment pour un dîner ou un souper pour remercier nos bénévoles.

Dans certains centres, le service des loisirs dispose d'un budget pour acheter un petit cadeau à chaque résident.  Devinez qui emballe 160 cadeaux?  D'accord, parfois, on achète les cadeaux dans une compagnie qui offre aussi le service d'emballage mais d'autres fois pour économiser, on le fait soi-même!  Et puis quand le tout est emballé, la Fée des Étoiles peut faire la distribution accompagnée du Père-Noël!


Il y aussi les messes de Noël et du Jour de l'an!  Bien qu'habituellement, les loisirs ne s'occupe pas des activités religieuses, pour ces messes, on prête main forte car la participation est plus grande.  Chez nous, il y a aussi une petite collation spéciale qui est servie après ces messes.  Les réveillons (qui se terminent pas mal plus tôt que dans ma famille!) sont aussi au calendrier.

S'ajoutent aussi parfois les ''partys'' de bureau qui sont parfois organisés avec la collaboration des techniciens en loisirs, pas chez nous heureusement!  Enfin, n'oublions pas d'inclure les activités régulières et incontournables comme le bingo, les sacs de sables, pétanque et compagnie!  Pour deux techniciennes en loisirs à temps partiel qui ne se croisent pas trop souvent, disons que notre calendrier de décembre a été un vrai casse-tête à organiser, mais nous y sommes parvenues!

C'est donc un gros mois qui commence pour moi mais je ne m'en plains pas, loin de là!  J'adore cette période de l'année et encore plus depuis que mes enfants sont là pour en faire revivre la magie!  Bon mois de décembre à tous!

mardi 26 novembre 2013

Quand le loisir n'est plus agréable

Parce que malheureusement, ça arrive...  Pas souvent, mais parfois.  C'est l'histoire de monsieur Chose-Bine:

Monsieur Chose-Bine est le genre de résident grognon, pas grognon dérangeant ou désagréable en activité mais disons que ce n'est pas un grand bavard ni monsieur Sourire!   C'est un ancien cultivateur veuf de 95 ans, qui a élevé sept enfants.  Pour son âge, on peut dire qu'il est en grande forme car il se déplace à une vitesse impressionnante avec sa marchette!

C'est probablement le résident qui participait le plus aux activités du centre.  Il était toujours présent; bingo, pétanque, film, poches, sortie, repas communautaire, bricolage...  On n'avait qu'à lui dire où et quand, il était au rendez-vous!

Monsieur Chose-Bine était un de ceux qui sont autorisés à circuler librement dans le centre et dans la cour.  Étant un fumeur, quand il n'était pas à sa chambre ou aux activités, on le trouvait au fumoir.  L'été, il pouvait aussi être dans la cour.  Toujours sur la trotte!

En plus de ses journées bien remplies, monsieur Chose-Bine a un de ses fils qui vient le voir tous les jours, sans exception.  Fils a une légère déficience intellectuelle mais est très présent pour son père et s'en occupe comme le ferait une mère!  Fils regarde le calendrier des activités et réserve toujours une place pour son père aux sorties, nous appelle presque tous les matins aux loisirs pour s'assurer qu'on n'oublie pas d'aller chercher son père pour l'activité prévue aujourd'hui et salue tout le personnel sans oublier personne à son arrivée.

Depuis environ un mois, son comportement à dramatiquement changé. Il peut facilement passer quinze minutes dans l'ascenseur à ne pas savoir à quel étage se trouve le fumoir ou sa chambre.  Il oublie sa marchette dans une pièce et passe des heures à la chercher par la suite.  Aux activités, il s'inquiète de savoir où se trouve sa voiture et affirme que sa femme l'attend chez lui.  D'ailleurs, lors de la dernière sortie à laquelle il a participé, il ne voulait rien savoir d'embarquer dans l'autobus car c'est sa voiture qu'il cherchait dans le stationnement.  Il devient agressif quand on le contredit car dans sa tête, il n'habite pas au centre, mais dans sa maison!  Participer aux activités le stresse maintenant beaucoup trop, il angoisse.

Quand il remonte à son étage, il est très agressif avec les autres résidents et le personnel.  D'un commun accord avec l'équipe de soin, il a été convenu que monsieur Chose-Bine porterait maintenant un bracelet l'empêchant de prendre l'ascenseur seul (une alarme sonne quand il y entre et on doit composer un code pour activer l'ascenseur) et qu'il ne participerait plus aux activités qui ne se font pas à son étage.

C'est bien triste pensez-vous en cet instant...  Mais dites-vous que ce genre de décision n'est jamais prise sur un coup de tête.  C'est une décision prise en équipe interdisciplinaire; travailleur social, infirmière, physiothérapeute, technicien en loisirs...  Même le docteur a été consulté dans ce cas.  De toute façon, monsieur Chose-Bine ne pense plus du tout à se divertir ces temps-ci...

Dites-vous également que celui qui souffre le plus de cette décision, ce n'est pas lui, c'est son fils car il est convaincu que son père va s'ennuyer...  Il a fallu lui expliquer souvent et de bien des manières vu son léger retard.  Le premier matin, l'infirmière le rencontre et lui explique le fonctionnement du bracelet anti-fugue et la nouvelle règle à suivre.  Quelques minutes plus tard, je vais animer un jeu à cet étage.  À la fin de mon activité, j'annonce aux résidents qu'il y a un spectacle dans la grande salle dans l'après-midi et Fils me rappelle de ne pas oublier son père car il aime la musique.  Décidément, il n'a pas compris!

Le lendemain, un message sur ma boîte vocale de Fils me demande d'aller chercher son père pour l'activité prévue dans l'après-midi parce que ce dernier ne peut plus prendre l'ascenseur tout seul...  Il ne comprend donc toujours pas tout à fait!  Comme Fils quitte le centre avant l'heure de mon activité, je ne vais pas chercher monsieur Chose-Bine.

Le surlendemain, Fils m'appelle et me demande d'aller chercher son père pour l'activité de l'après-midi et me demande par la même occasion pourquoi je ne suis pas allé le chercher la veille.  Alors je lui explique encore une fois (après l'explication de l'infirmière, de ma collègue et de la travailleuse sociale) que son père ne retire plus aucun plaisir aux activités qui ne sont pas sur son unité car ça le stresse.  Qu'il pourra toujours participer à tout ce qui se fait à l'étage.  Et plus pour lui donner un peu d'espoir, j'ajoute que dans quelques mois, s'il va mieux, on pourra toujours le réintégrer à toutes les activités.  Mais honnêtement, je doute qu'à son âge vénérable ça se produise.

Aujourd'hui, on a fait ce qu'on appelle un Plan d'Intervention.  L'équipe de soin s'est réunie avec deux des fils de monsieur Chose-Bine pour leur expliquer officiellement les décisions qui ont été prises pour leur père et répondre à toutes leurs interrogations et inquiétudes.

C'est toujours plus difficile pour les membres de famille que pour le résident lui-même ce genre de situation.  Ça s'est tout de même très bien déroulé.  Ses fils ont finalement bien compris que nous agissons dans l'intérêt de monsieur Chose-Bine, ça fait beaucoup de choses à accepter et à comprendre pour eux.

Bref, le loisir est là pour divertir les résidents et leur procurer du bonheur mais quand le loisir devient une  source de stress et d'angoisse, il est effectivement plus délicat de ne plus offrir d'activité à ce résident.  Heureusement que ce genre de situation n'arrive pas régulièrement!

samedi 16 novembre 2013

Avoir encore vingt ans

Je me trouve souvent privilégiée d'être témoin de scènes mémorables et touchantes dans le cadre de mon travail.

La semaine dernière lors d'un cours de musicothérapie, l'enseignante jouait au piano une vieille chanson de Tino Rossi:  ''J'avais vingt ans''.  Tous les résidents sont assis et chantent les yeux fermés, plongés dans leurs souvenirs de jeunesse.  (Dans la vidéo suivante, il s'agit de la version de Fernand Gignac.)


À la fin de la chanson, l'enseignante répète les  paroles:  ''Que je voudrais avoir encore vingt ans...  Aimeriez-vous retourner à vos vingt ans vous?''  Et une dame de lui répondre instantanément, les yeux tout plein d'émotions:  ''Oh oui!''.

Sentant que l'enseignante se dirigeait vers une autre chanson et qu'un beau moment d'échange serait alors perdu à jamais, je me suis permis de questionner la dame: ''Referiez-vous exactement les mêmes choses si vous aviez vingt ans aujourd'hui?''  Toujours avec beaucoup d'émotions dans la voix, elle me répond:  ''Oui, je referais les mêmes choses mais différemment, parce qu'aujourd'hui, je sais ce qu'il pourrait arriver.''

Elle nous raconte ensuite qu'il y avait un jeune homme qui l'aimait secrètement à vingt ans.  Elle l'a malheureusement appris trop tard, alors qu'elle était mariée à un autre et que ça l'avait beaucoup attristée car elle aussi avait des sentiments pour lui à l'époque.

Elle enchaîne en nous rassurant:  ''Mais je ne regrette rien du tout car j'ai eu un très bon mari, de beaux enfants en santé et une belle vie.''  Quel beau moment!  J'en avais des frissons.  Comme quoi, on ne sait jamais ce que la vie nous réserve!

Personnellement, je n'ai pas encore quatre-vingt ans, mais pour le moment, je ne retournerais pas à vingt ans.  J'aime ma vie telle qu'elle est en ce moment.   Après tout, c'est avec nos expériences, nos erreurs et nos réussites que l'on apprend et que l'on chemine.

Bref, ce bel instant m'aura fait réfléchir!  Et vous, aimeriez-vous avoir encore vingt ans?

lundi 11 novembre 2013

La semaine du loisir en institution

Comme le titre l'indique, c'est la semaine du loisir en institution qui débute aujourd'hui!

Mais à quoi ça sert une semaine pareille me demanderez-vous?  Et bien, la mission de cette semaine, initiée par la Fédération Québécoise du Loisir en Institution, est de faire la promotion du loisir et d'affirmer que le loisir est un droit pour les personnes hébergées en milieu public et privé.  La plupart des CHSLD et des résidences privées membres de la FQLI participent à cet événement.

Il s'agit d'une semaine privilégiée, pour les intervenants en loisirs, pour faire reconnaître l'importance de notre travail auprès des résidents mais également auprès des autres employés en les impliquant dans les différentes activités organisées en lien avec la thématique.

Le thème cette année est ''Le loisir, un état d'esprit''.  On peut interpréter ce thème de bien des façons.  Pour moi, le sens de ce thème, c'est que le loisir nous permet de nous évader, d'oublier nos malheurs et notre réalité quotidienne pour nous permettre de profiter d'un instant de bonheur.

Des activités spéciales sont au programme chez nous cette semaine dont un repas communautaire et un spectacle.  Mais nous misons également sur la promotion de petits gestes aussi banals que le sourire et le positivisme, qui ont une importance capitale dans la vie de nos résidents.

Pour en apprendre plus sur cette semaine spéciale, je vous invite à consulter le site web de la Fédération du Loisir en Institution:

Bonne semaine du loisir à tous!



vendredi 1 novembre 2013

Défendre notre place

Avez-vous remarqué le changement du titre et de l'adresse de mon blogue?

C'est qu'il y a deux semaines déjà que je sais que c'est ma collègue qui a obtenu le poste.  Ça fait aussi deux semaines que j'attendais la réponse que j'ai eu lundi dernier!  C'est moi qui obtient son remplacement de quatre jours semaine!  Je suis vraiment contente!  C'est un remplacement d'une durée indéterminé mais qui risque de durer très longtemps.  J'aurai attendu la réponse longtemps parce qu'il y avait une personne avant moi à qui on devait l'offrir sur la liste de rappel puis ensuite, la fille de la liste de rappel a été malade.  Comme je ne suis pas la personne la plus patiente du monde, je peux vous assurer que j'ai trouvé les deux dernières semaines très longues!

Il y a cependant un phénomène qui me préoccupe énormément...  Les coupures en loisirs en CHSLD.  Je sais, nous ne sommes pas un service essentiel et des coupures, il y en a dans tous les secteurs.  Juste au centre où  je suis en ce moment, nous sommes passé de deux postes de cinq jours semaine à un poste de quatre jours et un de trois jours!

Comme vous savez, on m'a réembauchée sur la liste de rappel du CSSS où je travaillais avant.  Je ne suis disponible qu'une journée par semaine mais je suis la seule sur la liste de rappel.  La situation est inquiétante car si un technicien en loisirs s'absente une journée où je ne suis pas libre, l'employeur le remplace soit par une animatrice (donc une personne qui n'est pas diplômée) ou encore par une auxiliaire familiale ou un préposé aux bénéficiaires...

Aimeriez-vous vous rendre un matin à l'hôpital et qu'un concierge fasse votre prise de sang?  D'accord, la comparaison est exagérée, mais le principe reste le même.  Tout comme l'infirmière, le technicien en loisirs étudie trois ans au cégep pour avoir le droit de pratiquer ce métier!

Le problème, c'est que nous ne sommes jamais beaucoup dans les CSSS.  Il y a un, parfois deux techniciens en loisirs par CHSLD.  Donc dans un CSSS moyen, nous sommes environ cinq ou six TIL.  C'est peut-être pourquoi les syndicats ne nous accorde pas toujours beaucoup d'importance, même si nous payons la même cotisation que les autres membres.  Parfois, nos représentants n'ont même pas la moindre idée nos tâches, c'est peu dire!

Au CSSS dont je vous parle, une TIL a été absente pendant plus d'un an sans être remplacée!  Que croyez-vous qu'il est arrivé avec ce poste?  Il a été abolit bien entendu!  Et quand cette personne est revenue au travail, il s'en est suivi une série de supplantation (plus communément appelé ''bumpage'').

Je n'ai malheureusement pas de solution miracle à ce problème...  Si non, de se tenir et de défendre ensemble nos emplois entre techniciens en loisirs.  Déjà que les emplois dans la fonction publique se font rare, il faut s'organiser pour éviter les coupures par manque de personnel!  J'encourage d'ailleurs tous les techniciens en loisirs qui liront ce billet de ne pas hésiter à faire parvenir leur curriculum vitae dans les CSSS même s'ils n'affichent pas d'offre d'emploi.  Les listes de rappels sont vides partout et l'employeur sert souvent cette excuse au syndicat lorsque nous ne sommes pas remplacés...

Si non, il y a cette merveilleuse initiative de la Journée Nationale des Techniciens en Loisirs qui se tiendra le 15 avril prochain et qui servira, je le souhaite de tout mon coeur, à faire connaître notre belle profession à la population.
www.jntil.com

D'ici là, si vous connaissez des techniciens en loisirs, dites-leur que leur travail est apprécié et important!

dimanche 6 octobre 2013

Acceptable ou immoral?

Laissez-moi vous raconter une histoire:

Monsieur et Madame D'amour sont mariés depuis maintenant 55 ans.  Ils ont cinq enfants, treize petits-enfants et depuis peu, un arrière-petit-fils.  La vie n'a pas toujours été facile pour eux, ils ont eu leurs hauts et leurs bas, mais comme ils se sont toujours aimé très fort, ils sont toujours passé aux travers des crises.

Depuis environ une dizaines d'années, la santé de Madame D'amour a été très affectée.  Au début, c'était de petits oublis rigolos, ranger le lait dans l'armoire, mettre ses clés dans le pot à biscuits.  On pouvait facilement attribuer ces actes à de la distraction.  Après tout, depuis sa retraite, elle n'arrêtait pas un instant!  Garder les petits-enfants, faire du bénévolat auprès des plus démunis, voyager avec son mari, participer aux réunions du club de tricot du centre communautaire...

Puis les petits oublis sont devenus de gros oublis.  Oublier de fermer le four et partir pour la journée, oublier le chemin pour revenir à la maison, et de plus en plus souvent, oublier l'heure de la journée...  Les nuits sont vites devenus des cauchemars pour Monsieur D'amour qui se réveillait toujours en même temps que sa femme pour éviter qu'elle ne se blesse ou sorte pieds nus dans la rue en plein mois de janvier.  Après deux ans de ce régime, les enfants et lui se sont réunis et en sont venus à la difficile et triste conclusion de placer Madame D'amour en CHSLD pour sa sécurité et pour la santé de leur père.

C'est donc ce qui a amené Madame ici, il y a un peu plus d'un an maintenant.  Son mari, qui l'aime toujours vient la visiter immanquablement tous les jours sans exception depuis qu'elle habite ici.  Il l'accompagne parfois aux activités, lui amène des gâteries, s'assure qu'elle ait tout ce dont elle a besoin et qu'elle soit bien traitée.  Monsieur D'amour vient donc voir sa femme au minimum deux heures tous les jours depuis plus d'un an, seulement Madame D'amour elle, ne le reconnaît plus...

Madame D'amour régresse tandis que l'Alzheimer lui, progresse.  Les périodes de lucidité sont passées de très peu fréquentes à son arrivée à inexistantes aujourd'hui, au grand désespoir de son mari et de sa famille.  Madame D'amour sait qu'elle est mariée cependant, c'est le beau jeune homme dans la vingtaine qu'elle a épousé qu'elle attend près de sa fenêtre tous les jours.  Elle ne reconnait pas son homme dans les traits du vieillard qui vient la voir tous les après-midis.

Monsieur D'amour, étant un homme de son époque, a de la difficulté à vivre seul malgré toute l'aide qu'il reçoit de ses enfants et de ses petits-enfants.  La solitude lui pèse quand tout le monde repart après un souper familial ou qu'il rentre chez lui après une visite à sa femme.  Il y a quelques mois, il a rencontré une charmante veuve récemment emménagée dans son immeuble.  Elle est d'agréable compagnie, ils font des sorties ensemble, s'appellent et se visitent régulièrement.

La femme du voisin de chambre de Madame D'amour les a vus marcher main dans la main hier soir sur la rue.  Elle était tellement choquée du comportement de Monsieur D'amour qu'elle en a parlé à tout le monde au Centre ce matin en arrivant; le personnel, les résidents de l'étage, les bénévoles et même aux autres visiteurs!  Heureusement que Madame D'amour n'est pas en mesure de comprendre que tout le monde ne parle que de son mari depuis ce matin!

Il s'agit d'un cas réel, d'une situation dont j'ai été témoin plus d'une fois.  Les rôles de la femme et du mari peuvent très bien être inversés.  Monsieur D'amour a marié sa belle pour le meilleur et pour le pire.  Le pire étant arrivé, il continue de lui être dévoué même si elle n'a aucune idée de qui il est pour elle.  Est-ce acceptable que Monsieur continue de s'occuper religieusement de sa femme tout en en  fréquentant une autre?  Ou bien est-ce immoral de penser qu'il passe du bon temps avec une femme pendant que la sienne est encore bien vivante et qu'ils ne sont pas séparés?

Ça porte à réfléchir n'est-ce pas?

jeudi 19 septembre 2013

Et voilà!

Les dés de mon avenir sont lancés.  Mon sort dépend maintenant d'une feuille de papier 8 1/2 par 14 que j'ai faxé aux bureau des ressources humaines du CSSS ce matin.

C'est effectivement aujourd'hui que débutait l'affichage du poste que j'occupe présentement.  Le poste a été affiché en quart de soir.  Donc 3 soirs semaine de midi à vingt heures.  Ça ne m'intéresse pas le moins du monde.  Mais j'ai postulé quand même, par principe et pour la forme.

Vous savez ce qui est merveilleux dans la vie?  Les hasards!  Ma collègue, qui travaille quatre soirs semaine est intéressée au poste.  Vous ne comprenez sûrement pas ce qui est si génial dans cette affirmation n'est-ce pas?  Une explication et une mise à jour de la situation s'impose alors.

Ma collègue n'a pas de poste.  Elle est en fait sur un remplacement elle aussi.  Elle remplace une fille qui est partie depuis un peu plus de deux ans nous représenter au syndicat.  Elle ne cache pas qu'elle n'a pas l'intention de revenir en tant que technicienne en loisirs.  Du moins, pas dans un avenir rapproché.  La personne qu'elle remplace a un temps complet de jour.  Sauf que comme les normes ministérielles obligent qu'il y ait des soirs d'activités dans les CHSLD, ils ont décidé de la remplacer de soir, quatre jours semaine, question d'économiser une journée de salaire par semaine.  Ma collègue a aussi une compagnie à elle.  C'est pourquoi travailler de soir et à temps partiel fait son affaire.

Donc, ce qui est bien dans tout ça, c'est qu'en appliquant sur le poste elle aussi (et c'est elle qui l'obtiendra car elle a plus d'ancienneté que moi), son remplacement à elle sera disponible.  Et il redeviendra de jour puisqu'elle assurera les soirées avec son nouveau poste!

Vous imaginez, tout se placerait comme par magie!  Bon, bien sûr à condition que personne d'autre de plus ancien qu'elle n'applique (mais sur un temps partiel de soir, ça m'étonnerait beaucoup) et qu'on m'octroie son remplacement (mais je suis la seule personne disponible sur la liste de rappel).  Disons que ce ne sont que des techniqualités de paperasses administratives...

Donc, il ne reste qu'à attendre le verdict qui tombera la semaine suivant le 4 octobre!  Alors bonne chance Collègue!  Je serais vraiment heureuse que tu obtiennes ce poste et je serais très honorée de continuer à travailler avec toi car il y a tellement de projets en l'air!

Si non, j'ai aussi été réembauchée au CSSS où j'ai travaillé avant d'aller au CHSLD privé qui m'a foutu à la porte.  Rien de très concret pour l'instant puisque ce n'est que pour être sur la liste de rappel.  Ils n'ont rien à offrir pour l'instant.

Disons que c'est plutôt un geste symbolique ayant pour but de protéger ma profession:  quand j'ai quitté, ils n'ont trouvé personne pour remplacer le deux jours semaine que j'occupais.  Ils ont donc engagé une animatrice, une personne qui n'avait pas de diplôme d'intervention en loisirs et qui, de ce fait, était payée beaucoup moins cher que nous.  Puis, il y a eu des coupures de postes et de la supplantation alors la technicienne en loisirs qui se trouvait sans emploi a été à son tour supplanter l'animatrice.

Par contre, l'animatrice en question est sur la liste de rappel et peut aller remplacer une technicienne en loisirs alors pourquoi l'employeur chercherait à embaucher une personne qui ne travaillerait que quelques jours par année quand il a du ''cheap labor'' à sa disposition?

J'ai alors contacté mon ancien syndicat à qui j'ai transféré un courriel écrit le lendemain de mon renvois du CHSLD privé où j'envoyais mon CV à mon ancienne patronne.  Le syndicat a alors ''obligé'' les ressources humaines à me réembaucher car ce n'est pas légal syndicalement parlant de se faire remplacer par une personne qui n'a pas le même titre que nous.

Comme mon dossier d'employé était sans tache, ça n'a été qu'un nouveau contrat à aller signer et une nouvelle disponibilité à remettre.  Je garde le même numéro d'employée que j'avais.  Ça a été très rapide.

Donc je sais que je ne serai peut-être pas appelée régulièrement, il n'y a que le centre de jour qui remplace les techniciens en loisirs quand ils s'absentent pour une journée.  N'empêche qu'il me fera grandement plaisir de revoir mes anciens collègues quand je serai contactée!

Bon, alors sur ces nouvelles, je vous en redonne après le 4 octobre!  En espérant que c'en soit des bonnes!